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Julia aurait dû être lesbienne

Summary:

what if we were comrades in 1984... and I..... Reporte tes mentocrimes au Ministère de l'Amour <3

Notes:

Trop d'effort pour une fanfic que personne lira. Bref j'aime bien 1984.

Work Text:

L'homosexualité était comptée comme un mentocrime depuis la nuit des temps. Tout le monde le savait. Quel était le principe du mariage si la reproduction ne suivait pas ? Un mariage avec amour, c'était un mariage dévoué d'utilité.
Les homosexuels se révélaient souvent être les mentocriminels les plus répandues. Julia entendait souvent parler, pendant sa pause de midi, deux femmes assises à la table derrière elle discuter d'un de leurs voisins, ou une connaissance, qui semblait se dérailler du droit chemin en se rapprochant un peu trop d'un ami du même sexe. La dite personne disparaissait habituellement dans le mois suivant, oubliée par tous ces proches et collègues comme s'elle n'avait jamais existée. Après tout, faire disparaître des citoyens, c’est ce que le Ministère de l’Amour faisait le mieux.

Julia trouvait une certaine ironie à ce que le miniamour punisse une forme d’amour parce qu’il la jugeait ‘’inutile’’. Néanmoins, elle n’était pas très sentimentale, elle travaillait pour sa patrie en fournissant un maximum d’effort et oubliait de s’indulger dans ses propres plaisirs. En tout cas c’est l’image qu’elle donnait d’elle-même. En réalité, Julia haïssait profondément le monde dans lequel elle vivait, et elle commettait le plus de mentocrimes imaginables qu’elle pouvait. Cela allait faire quelques années qu’elle s’amusait à vivre librement dans le dos des restrictions du miniamour, et selon elle, elle ne ce n’était toujours pas fait attraper.
Pour raffiner son image de la travailleuse parfaite, elle avait récemment rejoint une association qu’elle trouvait sincèrement stupide : ‘’Les Jeunesses Antisexes’’. Être membre de cette fratrie lui donnait l’avantage de porter une ceinture blanche grossière autour de sa combinaison de travail. La couleur ressortait comme une perle brillante sur la combinaison grisâtre qu’elle portait depuis le début de sa position au Ministère de la Vérité, signalant à tous les hommes qui l’entourait qu’elle était intouchable. Cette idée ne faisait que rajouter au plaisir qu’elle prenait à coucher avec les mêmes hommes qui la pensait pure.
Le simple fait qu’elle ne soit plus vierge, sans enfant et sans mari suffirait à la jeter dans les prisons les plus horribles du miniamour sans qu’elle ne revoie jamais la lumière du jour, pourtant elle marchait dans les couloirs du miniver comme si de rien était.

L’idée de l’homosexualité lui revenu soudainement en tête un jour. Elle ne saurait dire ce qui déclencha ce rappelle brusque de l’existence d’un amour interdit, mais interdit dans un sens différent des relations sexuelles qu’elle avait avec d’autres hommes. C’était encore une interdiction sans logique qu’avait imposé la dictature de Big Brother. Elle ne voyait rien de mal à un amour entre deux femmes, alors pourquoi ces pauvres amantes devraient-elles être punies pour leur relation ?

Son train de pensée fut interrompu par le son d’une alarme familière retentissant dans les bureaux du miniver. Les deux minutes de haine allaient commencer. Son moment préféré de la journée, enfin c’est ce que les autres femmes du bureau pensaient comprendre d’elle. En réalité, elle utilisait ces deux minutes pour exprimer sa haine du monde qui l’entourait sans alarmer les écrans qui les observaient.
Julia se leva, mettant ses papiers de côté, rangés dans une pile soigneuse. Elle rajusta sa combinaison d’une manière qui mettait discrètement ses formes en valeur et se dirigea dans la salle principale pour rejoindre ses collègues devant le télé-écran géant qui était accroché au mur. Cette salle, normalement si vide, se remplissait d’une vie malsaine pendant les deux minutes les plus affreusement longue de la journée.
Elle trouva rapidement une chaise libre et s’installa, attendant patiemment que la diffusion de leur sujet de haine du jour ne se lance enfin. À sa droite, une jeune femme, qui devait avoir son âge, se posa en silence. Elle avait une peau blanche comme de la porcelaine, ça lui donnait un air un peu malade si Julia devait être honnête. Cependant, ses magnifiques boucles rousses mettant le léger rougissement permanent sur ses joues en valeur la rendait belle. Julia la fixa pendant une seconde de trop. Sa camarade se retourna en fronçant les sourcils, confuse.
‘’Je peux vous aider ?, demanda-t-elle.
-Non. Je ne vous avais juste jamais vue avant, se reprit Julia, vous êtes nouvelle ?’’
Sa collègue hocha la tête.
‘’J’ai commencé il y a moins d’un mois.
-Bienvenue alors.
-Merci camarade, répondit-elle avec un petit sourire.’’
L’estomac de Julia se retourna d’une manière inconnue. Elle rationnalisa en se disant qu’elle bouillonnait simplement de haine.
‘’Je vous en prie, camarade, murmura-t-elle.’’
Le retentissement du télé-écran rugit devant elles, et les deux femmes retournèrent toute leur attention sur la diffusion du jour au lieu de leur début de conversation.

 

~

Ce ne fut pas la fin de leurs interactions cependant. Julia et sa nouvelle camarade, dont elle apprit que le nom était Marie, se revirent maintes fois. Que ce soit pendant les deux minutes de haine, ou leurs pauses de midi, elles croisèrent chemin plus souvent qu’elles ne voulaient l’admettre.
Julia avait oublié si l’idée d’avoir des ‘’amies’’ était interdites maintenant, elle perdait le fil des nouvelles lois qu’instaurait quotidiennement le miniamour, mais si ça ne l’était pas, elle aurait dit que Marie était sa meilleure amie. Cela ne voulait pas dire que pour autant, Julia lui révélerait qu’elle était une traître.
Marie se révéla être une travailleuse encore plus remarquable qu’elle. Toute son âme et son être appartenait à Big Brother. Elle fondait souvent en larme pendant les deux minutes de haine, la simple vue de l’affiche de BB lui suffisait à pleurer comme si sa vie en dépendait. Alors, même si elles étaient proches, Julia ne pourrait jamais lui parler de ses mentocrimes sans risquer de se faire arrêter dans les jours qui suivraient.

Une discussion qu’elle surprit dans la cafétéria lui rappela les questions qu’elle se posait il y a quelques semaines.
‘’Tu as vue Oliver et Otto ?, chuchota une collègue dans son dos, s’ils continuent à se parler comme ça, le miniamour finira par les choper.
-Shhh !! Ne parle pas si fort sinon c’est toi qui vas être chopé, rétorqua la femme à sa gauche.’’
Oliver et Otto, elle les connaissait de vue, et c’est vrai que maintenant qu’elle y pensait, ils ne se lâchaient jamais d’une semelle. Une amitié comme la leur risquait d’être interprété comme une relation homosexuelle, elle ne pouvait pas le nier. Et même si, imaginons que ce ne soit pas le cas, le miniamour réussira tout de même à les faire croire que c’était le cas, et que leur amour était interdit. Mais pourquoi ? Juste parce qu’ils ne pourraient jamais avoir d’enfant ? Pourquoi ne pas leur donner un enfant des prolétaires ? Quand elle se baladait dans les basses rues de la ville, elle voyait souvent des enfants faire les poubelles, sans parents ou adultes pour les supervisés. Alors pourquoi Oliver et Otto ne pourraient pas prendre un de ces gosses-là ?
‘’C’est malheureux, n’est-ce pas ?’’
Marie se matérialisa devant elle, un plateau de bouillie sans forme dans les mains. Elle s’installa sur la place libre que le banc lui offrait.
‘’Comment ça ?, demanda-t-elle, confuse.
-Eux.’’ Elle pointa les deux hommes du regard. ‘’Ce sont des bons travailleurs, mais ils ne seront pas pardonnés pour leur mentocrimes. Big Brother ne pourra jamais pardonner un acte aussi horrible.
-Tu as raison, ils sont complétement fous.’’
Mais l’étaient-ils vraiment ?
La question ne quittait pas son esprit, et elle était à court de raisonnement logique pour l’interdiction de cette amour inoffensive.
‘’Marie, tu viens à la réunion des Jeunesses Antisexes ce soir ?
-Normalement oui, mais je ne sais pas si j’aurais le temps, j’ai beaucoup de travail ces dernier jours.
-Que dirais-tu de me rejoindre à la fin de la réunion ? On pourrait aller au nouveau musée de la guerre ensemble.’’
La mention de leur tout nouveau centre de divertissement, qui était enfaite de la propagande déguisée, ravit son amie. Elle sourit et lui affirma qu’elle la retrouverait devant le musée aux alentours de 19h. Cela leur donnerait une heure libre pour admirer ce que le bâtiment avait à offrir avant qu’il ne ferme.

La seule chose à laquelle elle pensait pendant l’entièreté de leur sortie fut l’amitié d’Oliver et Otto, et si ces collègues avaient les mêmes préjugés sur sa relation avec Marie. Cette possibilité ne la dégoutait pas, bizarrement. Elle était même flattée de se dire qu’elles étaient assez proches pour se faire voir comme un couple. Mais elle savait pertinemment que Marie en serait horrifiée si c’était le cas.
Actuellement, elle ne se souciait pas de ça, elle souriait en lui parlant de sa passion pour son travail au miniver, et les derniers mentocriminels dont elle avait appris l’existence ainsi que leur crime. Si le sujet de leur conversation ne rajoutait pas à son anxiété, Julia aurait pu décrire le moment comme romantique.
‘’Qu’est ce qui t’as fais envie de rejoindre les Jeunesses Antisexes, Julia ?, demanda son amie en regardant sa ceinture.’’
Elle remit sa couverture de la travailleuse parfaite avant de lui répondre.
‘’C’est simple, je veux montrer ma dédication à la patrie en offrant mon corps à aucun autre homme que Big Brother.’’
Marie soupira, satisfaite de l’explication de l’autre femme.
‘’Je comprends.’’

Leur balade en dehors du musée les mena dans une petite rue calme, bordé d’une forêt, visiblement dévoué de télécrans aux alentours. Julia espéra qu’elles ne seraient pas questionnées sur leur disparition involontaires et simultanées. Maria regarda autour d’elle et s’inquiéta du manque de surveillance.
‘’C’est étrange de ne pas voir les télécrans, remarqua-t-elle, j’y suis tellement habituée.
-Moi aussi.’’
Un silence s’installa dans leur conversation, une peur palpable les prit, les deux amies réalisaient que leur liberté offerte était étrange. La route qu’elles prenaient leur semblait soudainement interminable. Elles s’attendaient à ce que des officiers ne sautent d’un buisson et les arrête pour avoir échappé aux yeux du minimaour pendant plus de quelques secondes.
Cependant, les secondes de silence se transformèrent en minutes, et rien n’arriva. Julia détendue ses épaules et sentit une confiance aveugle la prendre. Elle arrivait habilement à échapper aux télécrans d’habitude, la chance qu’elle avait aujourd’hui ne se présenterait pas une nouvelle fois, elle le savait.

Julia tourna son attention vers Marie, ses yeux vert brillant, ses mèches parfaitement bouclés qui se posaient lourdement sur ses épaules. Elle était belle, magnifique même. Julia savait qu’elle trouvait sa camarade belle. Mais elle ne pourrait jamais lui dire dans une situation autre que celle-ci.
‘’Tu es magnifique, lui murmura-telle.’’
La femme à qui elle parlait tourna brusquement son regard vers le sien, une expression terrifiée se dessinait sur ses traits fins.
‘’Pardon ?’’
Julia sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge, une paranoïa indescriptible sera son cœur.
‘’Tu penses vraiment qu’Oliver et Otto sont des mentocriminels ? Ils ne font que s’aimer, est-ce vraiment si mal ?’’
Elle prit les mains de Marie dans les siennes.
‘’Nous pourrions avoir une relation similaire.’’
Son amie retira ses mains de son emprise, une certaine agressivité motivait ses mouvements. Elle fit quelques pas en arrière, comme si elle cherchait à fuir sa camarade et ses paroles qu’elle jugeait insensées.
‘’Pourquoi me dis-tu ça ? Tu sais très bien que je te reporterais au miniamour pour ton mentocrime.
-Je ne veux pas me mentir, Marie, nous ne sommes pas des amies normales. Tu le sens aussi, n’est-ce pas ?’’
Le visage de Marie se crispa d’une manière que Julia avait déjà eu la malchance de voir par le passé : le visage terrifié qu’arborait une personne dont les secrets avaient été révélés. Une joie indescriptible retourna son estomac de la même manière que lors de leur première rencontre. Elle arrivait maintenant à nommer ce sentiment, c’était l’amour. Et elle savait qu’il était réciproque.
‘’Julia, je ne veux pas m’associer à une mentocriminelle.
-Associes-toi avec ton amie alors, ne serait-ce que ce soir.’’
Elle se rapprocha de Marie, cette dernière se paralysa sur place et la laissa fermer la distance qui les séparait. Julia passa sa main dans les cheveux roux de sa camarade. Elle caressa sa joue rouge et posa ses lèvres sur les siennes. Elle avait déjà embrassé des hommes par le passé, mais aucun de ses baisers ne lui avait fait exploser le cœur de cette manière. Elle sentait le désespoir horrifié sur les lèvres de Marie, qui ne fit rien pour la repousser. Elle la sentit même passer ses mains sur ses hanches.
L’échange ne dura pas plus d’une dizaine de secondes, mais Julia savait qu’elle ne l’oublierait jamais, peu importe la torture qu’elle subirait pour cette simple action. Marie partit à son opposé d’un pas pressé, honteuse sûrement. Julia remarqua tout de même le rougissement écarlate qu’elle portait avant qu’elle ne prenne la fuite.

Julia rajouta l’homosexualité à la liste des mentocrimes qu’elle avait commis. Elle ne revit jamais Marie après cette soirée-là.