Actions

Work Header

Blanche-Neige et le Scientifique

Summary:

Pour le festival du lycée, la classe de Senku et Kohaku doit jouer Blanche-Neige. Kohaku, tirée au sort pour le rôle principal, se retrouve à répéter avec Senku, qui l’aide malgré lui à surmonter son stress et à affronter des sentiments qu’elle ne peut plus ignorer.

Notes:

Voici ma participation pour le Fluffuary 2026 pour le prompt : High School/College AU.

J’espère que ça vous plaira.

 

Disclaimer : Dr. Stone appartient à Riichiro Inagaki et Boichi.

Work Text:

Senku regardait distraitement par la fenêtre. Malheureusement pour lui, la seule vue qu’elle lui offrait était celle du stade du lycée, où le club d’athlétisme s’entraînait bruyamment.

Il soupira, las. Il était obligé d’assister à cette réunion que les élèves de sa classe avaient organisée. Il n’avait aucune envie d’être là. En temps normal, il serait au laboratoire du lycée, en train de vérifier une nouvelle théorie bien plus passionnante que cette agitation inutile.

Dans quelques semaines se tiendrait le festival du lycée. Chaque classe avait un projet : que ce soit un maid café, une maison hantée ou une pièce de théâtre. Sa classe avait décidé d’interpréter Blanche-Neige.

Senku reporta son attention sur les deux élèves qui présidaient la réunion. Sur le tableau derrière eux était écrit : Tirage au sort des rôles de Blanche-Neige. En dessous du titre se trouvait un tableau avec le nom des personnages. Chacun des élèves avait dû inscrire son nom sur un bout de papier et le glisser dans une boîte.

L’excitation était palpable dans la salle. Tous voulaient savoir s’ils allaient avoir un rôle dans la pièce ou être à l’arrière pour s’occuper des décors ou des costumes. Le tirage au sort commença. Senku leva les yeux au ciel, impatient que tout cela se termine pour pouvoir retourner à ses recherches. Son regard glissa vers la place vide de Kohaku. Elle avait de la chance, pensa-t-il. Elle avait été exemptée de réunion car elle s’entraînait avec le club de karaté en vue du prochain championnat. Pourquoi la science n’avait-elle pas autant d’importance à leurs yeux que le sport ?

Taiju obtint le rôle de Joyeux. Tous se mirent à rire lorsqu’il s’exclama avec enthousiasme qu’il ferait de son mieux. Yuzuriha hérita du rôle de la méchante reine. Cela allait être un véritable défi pour elle, qui n’avait aucune once de méchanceté. Mozu fut choisi pour jouer le prince, sous les acclamations de ses admiratrices qui espéraient être Blanche-Neige. Senku, lui, reçut le rôle de Prof. Taiju leva le pouce vers lui et s’exclama :

« C’est le rôle parfait pour toi ! »

Senku lui adressa un sourire poli pour ne pas le contrarier. Même s’il aurait préféré être à l’arrière et s’occuper des effets spéciaux, voire même des décors. Au moins, il n’avait pas un rôle principal et il ne serait pas longtemps sur scène. Tous les rôles furent distribués, jusqu’à ce qu’ils arrivent au rôle principal : celui de Blanche-Neige. Toutes les admiratrices de Mozu retinrent leur souffle, espérant être l’heureuse élue. Le nom qui fut tiré au sort fut celui de Kohaku. Senku grimaça en imaginant la réaction de la jeune fille. Elle n’allait pas apprécier.

******

Kohaku était assise sur son lit, feuilletant le script avec agacement. Senku venait de le lui apporter. Et comme il l’avait prédit, avoir le rôle de Blanche-Neige ne lui plaisait pas du tout.

« Ça aurait dû être Amaryllis, ce rôle, grommela-t-elle. »

Il est vrai qu’Amaryllis avait tout pour jouer une princesse, pensa Senku. C’était comme si elle s’était préparée toute sa vie. D’ailleurs, tous les garçons de la classe avaient protesté lorsqu’elle avait été tirée au sort pour s’occuper du maquillage et des coiffures.

« Tu crois que je peux échanger avec elle ?
-J’en doute. Les professeurs ont déjà validé la distribution. »

Kohaku poussa un long soupir et s’allongea sans aucune élégance. Senku ne put s’empêcher de penser qu’elle allait avoir beaucoup de travail pour ressembler à une princesse.

« Ça aurait été plus facile si j’avais eu le rôle du prince. Je ne suis pas comme Ruri. Quand sa classe avait joué Cendrillon, elle avait été parfaite dans ce rôle. »

Deux ans plus tôt, lors du festival du lycée, la classe de Ruri avait joué Cendrillon. C’était une pièce qui resterait dans les mémoires, car Chrome, qui jouait le prince, avait eu le courage d’avouer ses sentiments à Ruri alors qu’ils étaient sur scène. La fiction, dans leur cas, avait rejoint la réalité et ils étaient ensemble depuis.

« Imagine que c’est un défi à relever, dit Senku. Comme lorsque tu participes à une compétition. »

Kohaku fit la moue, marmonnant que ce n’était pas pareil. Mais Senku savait qu’elle réfléchirait à ses mots et qu’elle y mettrait tout son cœur, comme dans tout ce qu’elle entreprenait.

******

Les répétitions commencèrent dès le lendemain. Leur salle de classe avait été réquisitionnée après les cours pour les premières répétitions. Il restait peu de temps avant le début du festival et il restait encore tout à faire. Chaque classe avait son projet et celle de Senku et ses amis voulait donner la meilleure représentation possible.

Senku avait déjà appris son texte. Quand Taiju s’était étonné de la rapidité avec laquelle il l’avait mémorisé, il avait simplement répondu qu’il n’avait qu’un rôle secondaire et qu'il n’avait pas beaucoup de texte.

Puis vint la scène de Kohaku et Mozu. La scène où Blanche-Neige et le prince se rencontrent. Mozu avait tout de suite été à l’aise dans son rôle, naturel et confiant. Pour Kohaku, par contre, ce fut plus compliqué. Elle lisait son texte mécaniquement et avait des mouvements saccadés comme un robot. Le stress qu’elle ressentait à l’idée de jouer devant toute la classe se faisait sentir, ce qui l’empêchait d’être naturelle.

Quelques élèves ricanèrent, mais se turent aussitôt lorsqu’elle leur lança un regard noir.

« C’est pas gagné, murmura Taiju à Senku. »

Senku acquiesça. Si Kohaku ne s’améliorait pas, leur pièce risquait de tourner au désastre.

******

Senku détourna les yeux de son écran d’ordinateur lorsqu’il entendit une notification. Il attrapa son téléphone et vit que Kohaku lui avait écrit :

« T’es chez toi ? »

Il répondit simplement : oui. Le message resta sans réponse. Il fronça les sourcils, se demandant pourquoi elle voulait savoir s’il était chez lui. À peine cinq minutes plus tard, on sonna à la porte et son père cria depuis l’entrée :

« Senku ! Kohaku est là ! »

Il l’entendit monter les escaliers en courant. La porte de sa chambre s’ouvrit brusquement, laissant apparaître Kohaku, essoufflée et paniquée.

« S’il te plaît ! Il faut que tu m’aides ! Lança-t-elle d’une voix tremblante. »

Senku sentit une inquiétude monter. Elle était au bord des larmes. Jamais il ne l’avait vue dans un état pareil. Son esprit imagina aussitôt le pire.

« Je suis trop nulle ! Je n’arrive pas à jouer. Je vais gâcher toute la pièce ! »

Senku soupira de soulagement. Ce n’était que ça.

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Demanda-t-il.
-Aide-moi à répéter. Je sais que je serai moins stressée avec toi, et tu me diras ce que je dois faire pour m’améliorer.
-Pourquoi tu ne demandes pas à Gen ? »

Kohaku lui lança un regard exaspéré. Gen était leur ami et un excellent acteur, mais il utilisait souvent son talent pour manipuler les autres obtenir ce qu’il voulait.

« Il n’y a qu’en toi que j’ai confiance pour ça. S’il te plaît… »

Senku soupira. Il avait énormément de travail, mais il ne pouvait pas la laisser dans cet état.

« D’accord. »

Le visage de Kohaku s’illumina instantanément.

« Merci ! »

Senku sourit malgré lui. Au moins, elle retrouvait un peu de sa bonne humeur.

******

Dès le lendemain, ils se retrouvèrent après les cours pour répéter. Et la tâche s’avéra bien plus compliquée que Senku ne l’avait imaginé. Kohaku faisait de son mieux pour incarner Blanche-Neige, mais elle n’avait rien d’une douce princesse de conte de fées. Il lui avait proposé d’imiter Ruri, mais le résultat avait été catastrophique.

Pourtant, ni Senku ni Kohaku n’étaient prêts à abandonner.

« Plus je m’entraînerai, dit-elle, meilleure je serai. »

Ils répétèrent chaque jour, et leurs efforts finirent par payer. Kohaku avait fait d’énormes progrès et jouait désormais une Blanche-Neige étonnamment convaincante.

La seule ombre au tableau apparaissait lors de ses scènes avec Mozu. Dès qu’elle jouait avec lui, tous ses anciens défauts d’actrice refaisaient surface. Elle devenait raide, hésitante, mal à l’aise.

Un soir, après une répétition avec toute la classe, Senku alla la voir. Ils répétaient dans le gymnase où se dérouleraient toutes les représentations. Il n’y avait plus qu’eux, les autres étaient déjà rentrés.

Kohaku était assise par terre sur la scène, les jambes croisées, la tête enfouie dans ses mains. Senku monta sur scène et s’assit à côté de elle.

« Tout va bien ? Demanda-t-il. »

Kohaku grogna.

« Ça a un rapport avec Mozu ? »

Elle releva brusquement la tête.

« Je me sens mal à l’aise quand je joue avec lui. Je n’y peux rien. »

Elle soupira longuement.

« Tout à l’heure, on m’a dit que si j’agissais comme ça, c’était parce que j’étais amoureuse de lui.
-Et c’est le cas ? »

Senku sentit sa respiration se saccader, comme s’il appréhendait sa réponse. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Kohaku, elle, le regardait avec de grands yeux, choquée qu’il puisse lui demander ça.

« Bien sûr que non ! Et puis… ce n’est pas du tout mon genre. »

Un soulagement étrange envahit Senku. Mais, curieusement, il avait envie d’en savoir plus. Ce n’était pas dans sa nature. Il ne s’était jamais intéressé aux histoires de cœur. Lui-même n’était jamais tombé amoureux, et cela ne l’avait jamais dérangé. Pourtant, imaginer Kohaku amoureuse de quelqu’un lui serra le cœur. Il ne put s’empêcher de demander :

« Et c’est quoi, ton genre ? »

Kohaku rougit jusqu’aux oreilles.

« Je… Je n’en ai pas. Et puis pourquoi on parle de ça ? La représentation est demain, et je dois jouer la scène finale. »

Elle se tut et fixa Senku intensément. La scène finale. Celle où Blanche-Neige est réveillée par le baiser du prince. Une scène que tous les romantiques de la classe attendaient avec impatience. Les admiratrices de Mozu, elles, auraient tout donné pour être à la place de Kohaku.

« C’est une scène qu’on n’a jamais répétée, murmura-t-elle. »

Senku hocha la tête. C’était comme s’ils avaient inconsciemment évité cette scène. Comme si la jouer allait changer quelque chose entre eux. C'est ridicule, pensa Senku. Ce n’était qu’une pièce. Des rôles. Rien de réel. Alors pourquoi avaient-ils tous les deux peur de la répéter ?

« Tu veux qu’on la répète ? Proposa-t-il. »

Kohaku acquiesça timidement. Elle se leva et se dirigea vers les deux tables qui serviraient pour le cercueil de Blache-Neige le lendemain. Elle s’allongea, ferma les yeux, feignant la mort. Senku se plaça à côté d’elle et récita son texte. À force de l’aider, il connaissait toutes les répliques par cœur, même celles de cette scène.

Le prince, croyant que Blanche-Neige ne se réveillerait jamais, lui déclarait son amour avant de l’embrasser. Senku s’approcha lentement. Il vit Kohaku se retenir de sourire, puis elle éclata de rire. Senku recula et elle se redressa.

« Désolée, dit-elle. C’est juste que c’est bizarre. »

Senku acquiesça. Kohaku était son amie. Sa meilleure amie. Comme Taiju et Yuzuriha. Mais avec elle, c’était différent. Une fois, elle lui avait dit qu’elle serait prête à le suivre n’importe où, même au bout du monde. Et Senku ressentait la même chose.

Mais il n’avait jamais imaginé qu’un jour, ils pourraient s’embrasser. Même pour une pièce de lycée. Pourtant, il fallait qu’elle soit en confiance. Si elle n’arrivait pas à jouer cette scène avec Mozu, elle s’en voudrait terriblement et dirait que la pièce et le travail de tous avaient été gâchés à cause d’elle.

« Dis-toi que ce n’est qu’un rôle, dit Senku. Que c’est pour de faux. »

Kohaku hocha la tête, inspira profondément et se rallongea.

« C’est bon. On y va. »

Elle avait cette expression déterminée qu’elle arborait avant une compétition. Senku rit légèrement.

« Ne te moque pas ! Protesta-t-elle. »

Elle lui donna un coup de poing dans le bras, le faisant grimacer de douleur. Parfois, elle ne connaissait pas sa force.

« Désolé, dit-il en se massant le bras. On reprend. »

Ils retrouvèrent leur sérieux. Kohaku ferma les yeux. Senku récita son monologue d’une voix étonnamment douce. Il voyait parfaitement la tension dans les épaules de Kohaku. Elle essayait de paraître calme, mais il la connaissait trop bien. Il se pencha vers elle. Ce n’est qu’un rôle, pensa-t-il une dernière fois avant de poser ses lèvres sur les siennes. Ce n’était pas un baiser passionné, mais Senku n’avait jamais été aussi troublé.

Il s’écarta lentement. Kohaku rouvrit les yeux. Elle semblait aussi bouleversée que lui. Elle devait prononcer une réplique, mais rien ne venait, comme si c’était le trou noir dans son esprit. Senku aurait pu l’aider, mais lui non plus ne se souvenait plus de rien. C’était la première fois que ça lui arrivait. Il s’éclaircit la gorge.

« Et rideau, murmura-t-il. »

Kohaku cligna des yeux.

« Je crois que tu es prête, ajouta-t-il. Tu vas briller demain. »

Kohaku acquiesça, encore sous le choc. Elle se releva, et chacun partit de son côté, le cœur un peu trop lourd pour que ce soit seulement à cause du théâtre.

******

Les heures qui restaient avant le festival du lycée avaient défilé à toute vitesse pour Kohaku et Senku. Il était désormais temps pour leur classe de jouer Blanche-Neige. Leur pièce était la première à ouvrir le festival.

Le gymnase se remplissait peu à peu. Certains élèves étaient nerveux, d’autres brûlaient d’impatience de monter sur scène. Tout le monde s’activait, aussi bien ceux qui allaient jouer que ceux qui s’occupaient des décors et des costumes.

Curieuse, Kohaku écarta légèrement le rideau pour jeter un coup d’œil au public. Elle aperçut Ruri et Chrome qui s’installaient. Son cœur battait vite, comme avant une compétition. Cette sensation, elle la connaissait par cœur. Mais cette fois, quelque chose était différent, elle n’arrêtait pas de penser à Senku. À son baiser. À la chaleur de ses lèvres sur les siennes. Il avait dit que ce n’était qu’un rôle. Mais si c’était plus que ça ?

Elle avait toujours aimé Senku. D’abord comme son meilleur ami, puis, au fil des années, elle avait compris que ses sentiments étaient plus profonds. Elle était amoureuse de lui. Elle ne lui en avait jamais parlé, convaincue qu’il ne ressentait pour elle qu’une affection amicale. Mais tant qu’elle pouvait rester à ses côtés, cela lui suffisait.

Depuis ce baiser, pourtant, elle ne cessait de se poser des questions. Est-ce que lui aussi y pensait ? Et si oui, qu’est-ce que cela signifiait ? Ils n’avaient pas eu le temps d’en parler. Chacun avait été absorbé par les préparatifs de la pièce.

Elle secoua la tête et se donna deux petites claques sur les joues. Ce n’était pas le moment de se laisser distraire. Elle devait se concentrer. Amaryllis l’appela pour l’aider à se coiffer. Kohaku referma le rideau et la suivit. Plus que quelques minutes avant le lever de rideau.

******

La pièce se déroulait sans encombres. Le public semblait conquis par leur version de Blanche-Neige. Puis arriva la scène finale. Celle que Kohaku redoutait depuis le début. Jouer la scène du baiser avec Senku n’avait rien à voir avec la jouer avec Mozu.

En s’installant sur les tables qui servaient de cercueil, elle jeta un coup d’œil vers les coulisses. Taiju et Yuzuriha étaient là, souriants, pour l’encourager. Mais Senku n’y était pas.

Elle fronça les sourcils. Un pincement lui traversa la poitrine. Pourquoi n’était-il pas là ? Pourquoi cela lui faisait-il si mal ?

Elle s’allongea et ferma les yeux. Le rideau se leva. Mozu entra en scène et récita ses répliques, déclarant son amour pour Blanche-Neige et sa douleur de la perdre. Kohaku sentit son ombre se pencher sur elle. À la dernière seconde, elle tourna légèrement la tête et Mozu n’embrassa que le coin de ses lèvres.

Elle ne voulait pas qu’il l’embrasse. Mozu n’était pas son prince. Son prince, c’était Senku.

Le public applaudit. Personne n’avait rien remarqué. Elle savait que Mozu était furieux. Elle faisait partie des rares filles du lycée, avec Yuzuriha et Amaryllis, à résister à son charme et son égo démesuré ne le supportait pas. Mais Kohaku s’en moquait. Il ne lui faisait pas peur.

Le rideau tomba et elle se releva. Toute la troupe les rejoignit pour saluer le public. Kohaku balaya la salle du regard. Senku n’était toujours pas là.

******

Après s’être changée, Kohaku partit à la recherche de Senku. Elle voulait comprendre pourquoi il était parti avant la fin de la pièce. Elle se dirigea vers le seul endroit où elle savait qu’elle le trouverait : le laboratoire.

Elle ouvrit brusquement la porte. Senku était là, assis devant un ordinateur, en uniforme et blouse blanche. Il avait entendu la porte, mais ne détourna pas les yeux de son écran. Kohaku s’approcha.

« Je peux savoir ce que tu fais ?! Lança-t-elle.
-Je travaille. Je croyais que ça se voyait. »

Il sourit en coin et Kohaku leva les yeux au ciel.

« Pourquoi est-ce que tu es parti avant la fin de la pièce ?
-Je n’avais plus aucune scène. On n’avait plus besoin de moi. Ça ne servait à rien que je reste. Et j’avais du travail à rattraper.
-Moi, j’avais besoin de toi. »

Senku se tourna vers elle. Il souriait encore, mais elle le connaissait trop bien. Quelque chose clochait.

« Pourquoi ? Demanda-t-il. Pour que je te voie embrasser Mozu ? »

Kohaku écarquilla les yeux. C’était donc ça ? Il était jaloux ?

« Je n’ai pas embrassé Mozu.
-Vous n’avez pas joué la scène finale ?
-Bien sûr que si. Mais j’ai tourné la tête. »

Senku ouvrit grand les yeux.

« Tu stressais encore pour la scène ?
-Non, c’est juste que… »

Elle s’interrompit. Les mots restaient coincés dans sa gorge. Elle était à deux doigts d’avouer ce qu’elle ressentait. Et elle avait peur. Peur de perdre son amitié. Peur de tout gâcher. Elle inspira profondément.

« Je ne voulais pas l’embrasser. Il n’y a que toi que je veux embrasser. »

Voilà, pensa-t-elle. C’était dit. Maintenant, tout dépendait de lui. Senku se leva et s’approcha. Son sourire en coin s’adoucit. À sa grande surprise, il lui prit la main. Elle sentit la chaleur de ses doigts contre les siens. Il la regardait avec une intensité qu’elle ne lui connaissait pas.

« Et il n’y a que toi que je veux embrasser, dit-il doucement. »

Kohaku sentit ses jambes se dérober. Elle avait imaginé mille scénarios, mais jamais celui où Senku lui répondrait ça. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n’en sortit. Elle n’avait plus rien à dire. Tout était déjà là, dans leurs regards.

Senku fit un pas vers elle. Puis un autre. Il leva une main et la posa derrière sa nuque. Ses doigts glissèrent dans ses cheveux, avec une délicatesse qui la fit frissonner. Il se pencha. Leurs lèvres se frôlèrent d’abord, à peine. Un contact si léger qu’elle aurait pu croire l’avoir imaginé. Puis Senku l’embrassa vraiment.

Ce n’était pas un baiser volé par un rôle. C’était un baiser qui disait tout ce qu’ils n’avaient jamais osé se dire. Et pour la première fois, Kohaku se sentit parfaitement à sa place. Avec lui. Là où elle avait toujours voulu être.

 

Fin