Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandoms:
Relationships:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 2 of TOME I : JOONGDUNK
Stats:
Published:
2025-08-13
Updated:
2026-02-25
Words:
47,695
Chapters:
26/?
Comments:
3
Kudos:
7
Bookmarks:
1
Hits:
312

L'Appel des Âmes : Tome II

Summary:

Dans un monde régi par les lois impitoyables des loups, les omégas sont rares et redoutés. Trésors pour certains, aberrations pour d'autres, ils attisent les convoitises autant que la haine.

Phuwin et Dunk, deux frères en fuite, ont tout abandonné pour survivre. Traqués par leur propre meute, ils vivent cachés, sans attaches, prêts à tout pour protéger leur secret.

Mais leur rencontre avec les frères Naravit change tout.

Pond, chef respecté, et Joong, son cadet, voient leur quotidien bouleversé par l’arrivée de ces inconnus au passé trouble.

Entre défiance, secrets enfouis et liens inéluctables, le destin semble avoir déjà tracé leur chemin.

Mais dans un monde où la faiblesse se paie cher, pourront-ils vraiment échapper à ce qu’ils sont ?

Notes:

Et voici le Tome II ! ✨

Ce tome sera principalement centré sur Pond & Phuwin, mais rassurez-vous : nous retrouverons aussi Joong & Dunk, dont l’histoire continue ici
Nous commençons également l’histoire de Gemini & Fourth ! 💙

Bonne lecture ❤️

Chapter Text

Phuwin se tenait devant la maison de Joong. Son instinct lui criait que quelque chose se préparait — quelque chose d'indéfinissable, mais inévitable. Il sentait que tout allait changer, sans pouvoir encore mettre un mot dessus.

Ce jour-là, il avait lui-même demandé à rencontrer le chef de la meute. Il devait s'assurer que Dunk serait en sécurité ici. Parce que la parole d'un alpha, lorsqu'elle était donnée en tant que chef de meute, valait plus que toutes les lois. Elle était sacrée. Intouchable. Inviolable.

Il avait juré de protéger Dunk, coûte que coûte. De lui éviter ce qu'il avait traversé, lui.

Et même si Joong avait déjà montré, à maintes reprises, à quel point il tenait à Dunk, ça ne suffisait pas. Pas pour Phuwin. Il devait le voir. Le sentir. Juger par lui-même. Il avait trop vécu. Trop perdu. Et il s'était juré que jamais, jamais, son petit frère ne subirait ce qu'il avait lui-même enduré.

Au début, il s'était méfié de Joong. Instinctivement. Jusqu'à l'imprégnation. À partir de là, il n'avait plus eu le choix. Il savait ce que cela signifiait. Il savait aussi que séparer Dunk de celui que la vie lui avait désigné ne ferait que le briser. Et au fond... il savait que si la vie avait choisi Joong, alors il devait être quelqu'un de bien.

Il l'avait donc laissé entrer dans leur monde, non sans l'avertir que s'il faisait du mal à Dunk, il ne s'en sortirait pas indemne. Joong ne s'était pas défendu. Il avait répondu avec des gestes sincères, des regards vrais, et des paroles qui avaient su le rassurer.

Alors Phuwin avait fait le choix le plus dur de sa vie : il avait accepté de lâcher prise. De laisser Dunk choisir son avenir.

Aujourd'hui, il était soulagé que son frère ait enfin une vraie place. Une meute. Un nom. Parce qu'il savait ce que c'était que d'en être privé. Il savait que les omégas ressentaient, malgré eux, le besoin d'appartenir à quelque chose, à quelqu'un. Et même s'il avait tout fait pour protéger Dunk de ce besoin, ce n'était jamais suffisant. On ne pouvait pas lutter éternellement contre sa nature.

Dunk avait déjà porté bien trop de fardeaux pour son âge. Phuwin avait tout fait pour l'en préserver. Mais il ne pouvait pas le protéger de tout.

Phuwin, lui, avait tout enfoui. Tout verrouillé. Il avait étouffé tout ce qui faisait de lui un oméga : ce besoin d'appartenance, cette soif d'être protégé, ce lien invisible aux autres. Tout avait été réduit au silence. Il avait appris à survivre seul. Parce qu'il avait vu ce que c'était que de dépendre de quelqu'un. Et il avait juré que plus jamais il ne ferait cette erreur.

Dunk et Yin. 

C'était tout ce qui comptait.

Sa seule raison de vivre.

Mais dès qu'il franchit le seuil de cette maison, cette étrange sensation refit surface. Identique à celle de l'hôpital.

Un frisson le parcourut, glaçant son sang, serrant son cœur. C'était là. De nouveau.

Cette odeur... Subtile, entêtante, chaude. Indéfinissable, presque familière, s'enroulait autour de lui, l'enveloppait avec une douceur presque cruelle.

Elle était partout. Gravée dans les murs. Présente dans l'air. Vivante.

Son loup s'éveilla aussitôt, avec une violence presque douloureuse.

C'était la deuxième fois depuis cette nuit-là.

Son souffle devint plus court. L'animal en lui grattait, grognait, réclamait. L'excitation de son loup lui brûlait la gorge, incontrôlable. Il essayait de le contenir, de le refouler, mais l'agitation s'intensifiait. C'était insupportable.

Ses mains tremblaient. Il les dissimula dans ses poches, enfonçant ses ongles dans ses paumes, comme si ce geste pouvait faire taire ce qui grondait en lui. Comme si, en niant l'évidence, tout allait disparaître.

Mais rien ne disparaissait. L'odeur persistait. L'appelait. Le tirait vers quelque chose qu'il ne comprenait pas encore. Ou qu'il refusait de comprendre.

Un battement dans sa poitrine. Irrégulier. Instable. Comme si son cœur cherchait un nouveau rythme.

Quelque chose était en train de changer. Non. Quelque chose avait déjà changé.

Et il le sentait, dans chaque fibre de son être.

Devant lui, Joong marchait aux côtés de Dunk, tandis que ce dernier tenait la main de Yin. Une image douce. Rassurante. Il les suivit en silence jusqu'au salon.

– « Joong, je peux utiliser la salle de bain ? » demanda-t-il calmement.

Joong lui indiqua le couloir.

Phuwin s'y engagea, l'esprit ailleurs. Il ne réfléchissait pas vraiment ; ses pas semblaient guidés par quelque chose d'invisible.

Il s'arrêta devant une porte. Son cœur rata un battement.

Ce n'était rien. Juste une porte parmi d'autres. Et pourtant... une vague d'appréhension, légère mais tenace, lui noua le ventre.

Il ouvrit. Et se figea.

Ce n'était pas une salle de bain. C'était une chambre.

Et là, l'odeur le frappa de plein fouet.

Plus forte. Plus intense. Plus réelle. Comme une tempête invisible, elle s'insinua dans chaque recoin de son être, glissant sous sa peau, se répandant dans ses veines, jusqu'à l'oppresser.

Ce n'était plus cette fragrance étrange perçue un peu plus tôt dans la maison. C'était une présence à part entière — vivante, brûlante, suffocante.

Elle l'enveloppait tout entier. Elle ne se contentait plus d'être dans l'air : elle était en lui.

Phuwin eut l'impression d'étouffer.

Son cœur s'emballa, cogna contre sa poitrine à en faire mal. Il recula d'un pas, puis d'un autre, comme s'il pouvait fuir l'évidence. Mais c'était trop tard.

Et puis leurs regards se croisèrent. Tout se figea.

Il n'y avait plus rien. Plus de sons, plus de pensées.

Juste lui. Ses yeux. Son souffle.

Et ce lien.

Ce putain de lien.

Invisible. Inexplicable. Irréversible.

Une chaleur éclata dans sa poitrine, se propageant dans tout son corps comme une déflagration silencieuse. Quelque chose se brisait... ou peut-être venait-il de naître.

Il sentit son propre rythme cardiaque se caler sur un autre. Un souffle, un battement, une chaleur — qui n'étaient pas les siens. Comme si deux corps, deux âmes, cherchaient déjà à s'aligner.

Il comprit. Il sut.

Tout avait changé.

Et il ne voulait pas de ce changement. Il ne voulait pas de lui.

Pas de cet Alpha au regard brûlant, à la carrure large, au visage d'une beauté calme mais foudroyante.

Pas de cette odeur obsédante, de cette présence si écrasante qu'elle faisait trembler son loup au plus profond de lui.

Pas de ce lien qui menaçait de faire voler en éclats les murs qu'il avait mis des années à ériger autour de son cœur.

Et pourtant... dans ses yeux, il n'y avait ni avidité, ni domination. Juste une lueur. Calme. Comme s'il avait attendu ce moment toute sa vie.

Et c'était peut-être ça, le plus terrifiant.

Parce que Phuwin ne savait pas faire confiance à cette forme de douceur. Parce que l'espoir était plus dangereux encore que la peur.

Et il ne voulait pas ça.

Mais c'était trop tard.

Chaque fibre de son corps le réclamait. Chaque battement de cœur, chaque nerf, chaque souffle brûlait de se rapprocher.

Un manque ancien s'éveillait — un vide qu'il avait toujours refusé de nommer. Une absence qu'il n'avait jamais voulu combler. Et qui désormais hurlait pour être comblée.

C'était ça, l'imprégnation.

Ce lien sacré. Brutal. Injuste.

Une brûlure vive lui traversa le poignet. Mais il ne baissa pas les yeux. Il savait déjà ce qu'il y verrait : la marque. L'évidence irréfutable que son âme avait reconnu l'autre. Et il refusait de l'accepter.

Il voulait fuir. Disparaître. Redevenir invisible. Intouchable. Libre.

Mais son corps ne répondait plus. Il était figé.

Prisonnier.

Et l'Alpha s'avança. Lentement. Trop lentement.

Chaque pas résonnait comme une promesse. Ou une menace.

Phuwin recula jusqu'à heurter le mur. Piégé. Prisonnier d'un destin qu'il n'avait jamais demandé.

Sa respiration devint erratique. Son loup rugissait, tiraillé entre désir et panique. Sa peau brûlait. Et cette voix — grave, posée, chaude comme la braise — le transperça.

– « Comment est-ce que tu t'appelles ? »

Phuwin cligna des yeux, désorienté. Il avait oublié comment respirer. Comment parler.

Sa gorge était nouée, les mots bloqués. Il lui fallut quelques secondes pour revenir à lui.

– « Je... Phuwin. »

Sa voix n'était qu'un souffle. Tremblant. Comme s'il venait de livrer un secret trop lourd.

Et puis, il y eut ce geste.

Le pouce de l'Alpha effleura lentement le dos de sa main, avant que ses doigts ne s'y posent doucement, comme s'il demandait silencieusement la permission d'aller plus loin.

Un simple contact. Silencieux. Délicat.

Mais ce fut suffisant.

Tout son corps se crispa. Non pas de peur pour la première fois depuis longtemps, mais de reconnaissance.

Phuwin haïssait le contact. Le moindre geste, le plus banal des touchers, lui étaient devenus insupportables. Le moindre frôlement lui donnait envie de mordre, de fuir, de hurler.

Mais là... il ne ressentait ni rejet, ni panique.

Il éveillait autre chose. Une chaleur étrange qu'il n'avait jamais connue. Un apaisement qu'il n'avait jamais cru possible.

Il aurait dû se détourner. Repousser ce geste comme tous les autres.

Mais il n'en fit rien.

Ses jambes cédèrent légèrement, incapable de reculer davantage, incapable de fuir.

Cette sensation le submergeait. Ce feu. Ce besoin. Ce lien.

Il avait perdu le contrôle. Tout en lui réclamait ce contact. Cette proximité. Cette reconnaissance.

Son loup hurlait, griffait de l'intérieur, implorait de s'approcher. De toucher. De s'abandonner. Mais il restait figé.

Les mains de l'Alpha quittèrent les siennes, remontèrent lentement le long de ses avant-bras, traçant un sillon brûlant contre le tissu de sa chemise.

Ses paumes s'arrêtèrent à mi-hauteur, juste au creux de ses coudes — un contact doux, mais ancré. Présent. Patient.

Elles ne forçaient rien. Elles attendaient. Offraient.

Chaque frôlement réveillait des zones qu'il croyait mortes. Chaque frisson était une promesse. Un appel. Une vérité.

Phuwin suffoquait.

Mis à nu. Vulnérable. Comme si ces mains voyaient à travers lui. Comme si ce simple toucher exposait tout ce qu'il avait tenté de cacher.

Son cœur battait à en éclater. Sa gorge se serrait. Il avait envie de hurler. De disparaître.

Mais plus encore... il voulait rester là. Juste là.

Parce que jamais, jamais, on ne l'avait touché ainsi.

Sans brutalité. Sans exigence. Juste avec cette douceur déstabilisante. Ce respect silencieux.

Il ne comprenait pas. Mais il ne pouvait plus le nier.

C'était lui. Ce lien.

Et l'Alpha s'approcha encore.

Son torse frôla le sien, sans le heurter. Le souffle de l'Alpha se mêla au sien, tiède et lent, comme s'il lui offrait l'espace de respirer.

Phuwin sentit la chaleur de sa peau à quelques centimètres de la sienne. Il ferma les yeux une fraction de seconde, pris de vertige.

Puis l'Alpha se pencha lentement vers son cou. Son nez effleura sa peau, juste au creux de la clavicule, là où le sang bat plus fort.

– « Je t'ai enfin trouvé... »

Un murmure. Presque irréel. Si bas qu'il aurait pu l'imaginer. Mais il l'avait entendu. Ressenti. Dans chaque parcelle de son corps.

Ces mots résonnèrent en lui comme une incantation. Une vérité à laquelle il n'était pas prêt. Mais que son corps, lui, reconnaissait. Réclamait.

Et alors, tout implosa.

Un gémissement brisé lui échappa, incontrôlable, arraché à sa gorge sans qu'il ait eu le temps de le retenir. La honte le submergea, mais elle fut noyée par une marée de sensations.

Son cou... personne ne l'avait jamais touché là sans qu'il ne réagisse violemment. C'était sa zone la plus vulnérable, la plus protégée. Mais là... il laissait faire.

Pire encore — il en redemandait.

Son loup hurlait d'extase. Son corps tremblait.

L'odeur de l'Alpha s'imprégnait en lui, se mêlait à la sienne. Comme une évidence.

C'était trop.

Trop de vérité. Trop d'émotions. Trop de lui.

Il avait passé des années à s'enfuir, à se blinder, à refuser toute forme d'attachement.

Mais ce lien... cette force... cette imprégnation... balayait tout.

Il aurait voulu résister.

Mais il était déjà en train de céder.

Et soudain, il y eut une voix.

– « Phuwin ? »

La voix de Joong.

La réalité le frappa, aussi brutalement que l'imprégnation l'avait fait. Il reprit le contrôle, dans un sursaut, repoussa violemment l'Alpha et s'éloigna.

Fuir. Il fallait fuir.

Ses jambes le portèrent à peine alors qu'il quittait la chambre précipitamment, comme si cette pièce pouvait le dévorer tout entier.

Il n'entendait plus rien. Ne voyait plus rien. Juste ce feu sous sa peau, cette marque sur son poignet, et cette certitude : il venait de perdre une guerre... qu'il n'avait jamais voulu livrer.

À suivre...